130. Rentrée au bercail

D’habitude, j’aime bien ça, moi, la rentrée. Retrouver mon petit chez-moi, demander des nouvelles du quartier à la concierge. Ou l’inverse. J’aime bien ça, reprendre mes petites habitudes, d’habitude. Faire mon jogging du matin… écrire mon blog… aller chercher ma baguette bien cuite à la boulangerie… Parfois, le bronzage éclatant en bandoulière, je pouffe même sournoisement, entre les croissants et les pains aux chocolatine, devant le teint meringue immaculée de la vendeuse… 
Tous les ans, histoire de remplir le frigo resté désespérément vide pendant que je m’empiffrais à l’autre bout de la France de brochettes, de gambas, de glaces ou de gaspacho, je retourne mollement au supermarché. Sous les néons du Monoprix, je me sens à l’étroit et je regrette le brouhaha et les couleurs des marchés ensoleillés de la Drôme. Un léger parfum d’huile de Monoï et de  bougies anti-moustiques persiste entre les allées et me ramène un instant dans le Sud jusqu’à ce que l’odeur caractéristique des cartables et des cahiers neufs me submerge et me fasse dare-dare retomber en enfance. Du Sud, je me retrouve direct sur les bancs de l’école de la rue de Passy et si je ne fais pas attention, au lieu de mon café et de ma lessive, je me retrouve avec un lot de cahiers A5 grands carreaux et un kit équerre/rapporteur et je suis même à deux doigts de rédiger un exposé sur Napoléon Bonaparte ! 
La rentrée d’habitude, c’est encore le plaisir, enfantin lui aussi, de retrouver les copains. Les Cartes Panini cèdent la place à celles des restos et autour des tables, on est excités tout pareil de se retrouver pour se raconter nos vacances et on rigole aussi fort que dans la cour de la rue de Passy même si on frime un peu moins qu’à la récré. Personne ne va plus voir les vaches chez son Pépé (forcément ! Des Pépés, on en a moins), faire de super chasses au trésor à la colo de Prénovel-les-Piards, ni embrasser le  prof (?) de tennis sur la bouche… Enfin ça, peut-être bien que si… Non. Maintenant, on est un peu comme Astérix, pour les vacances, on va chez les Corses,  les Savoyards ou les Bretons vu qu’on n’a plus trop le droit de passer les frontières, on ne bouffe pas de sangliers rôtis arrosés de cervoise mais on n’en est pas loin vu la gueule du barbecue (et d’ailleurs, on revient souvent avec un ou deux sangliers sur les hanches !), on se promet tous les jours d’aller marcher le lendemain mais plutôt que d’aller faire le GR 30 au Puy de la Vache, on  fait plutôt la sieste. Cet été, en plus, on a joué à Masque ou pas masque, ça ressemble un peu au Jumanji, les règles changent tout le temps, mais c’est moins marrant…
Enfin, dans l’ensemble, on a tous passé de belles vacances ! Mais, faut dire qu’avec le printemps qu’on a eu c’était pas trop difficile…  Et puis faut dire encore qu’avec le printemps qu’on a eu, on est tous bien contents de rentrer se remettre enfin au boulot. Enfin ceux qui en ont. 
Personnellement, tout ce que j’ai, c’est ma lessive (sale), mon café et mon bronzage (éclatant). Je pourrais toujours retourner narguer la boulangère ? Mais ça va devenir moins rigolo. En plus à force, mon bronzage devient de moins en moins éclatant. Ou alors ce sont ses meringues qui sont de plus en plus foncées ? Je pourrais bien me faire un café  et laver mon linge ? Mais j’ai la flemme et puis la caféine je n’en ai pas vraiment besoin, l’énergie, on peut pas dire que je sois en manque. Faut tout vous expliquer ! C’est la rentrée ! Je suis reposée, je suis au taquet, là ! D’ailleurs ça fait des mois que je me repose de ne rien faire, je suis pas au taquet, je suis au taquet double ! Ça j’en ai bien profité du soleil de la Drôme, j’ai fait le plein, j’ai rechargé les batteries, je suis devenue une sorte d’engin hybride ! Je suis prête à repartir sur les chapeaux de roues ! Mais j’ai pas trop l’habitude des hybrides ? C’est normal ce démarrage tout pourri ? J’ai l’impression qu’on est un peu raplapla, non ? 
Ceci dit, une rentrée avec Bachelot en prof’ principale, ça sentait le traquenard. Tous ceux qui l’ont eu avant l’avaient bien dit : c’est un vrai boulet, avec elle, vous allez ramer… N’empêche, quand je vois mon emploi du temps, je me dis qu’ils n’avaient pas tort… Ça me déprime…  Y a des trous partout… Quant au programme, il est plutôt maigre… En plus, Roselyne, vus ses antécédents, à tous les coups, elle va vouloir nous faire faire du masque ! Enfin, ça aurait pu être pire, on aurait pu avoir Stéphane Bern et là j’aurais été obligée de l’écrire cet exposé sur Napoléon Bonaparte !

Bon allez, c’est pas la peine de me mettre la rate au Bouillon Cub ! La rentrée scolaire, c’est rien qu’une fête commerciale inventée par les vendeurs de cahiers A5 grands carreaux et de kit équerre/rapporteur pour nous mettre une pression consumériste ! J’ai peut-être pas de boulot en vue, mais j’ai toujours un bronzage éclatant, et toc !

52. Un sac de fille

Cette semaine, une fois n’est pas coutume, je vous propose de faire court.
Inutile de protester: c’est le 15 août, c’est le pont, je ponte! Comment ça je suis déjà en vacances? Et alors? Excusez-moi mais je ne vois pas bien où vous voulez en venir? Vous voudriez peut-être que je profite de cet immuable weekend de congé pour travailler? Vous êtes sérieux? Travailler? Ha! Ha! Alors vous, comme déconneur! J’ai failli me faire avoir! 
Le temps de faire ma valise et je pars! Enfin ma valise… Un sac suffira. Pour trois jours en bord de mer je n’emporte que l’essentiel. Alors chemise de nuit… Brosse à dents… Une ou deux pièces le maillot? Dans le doute, je prends les deux! Ce n’est pas ça qui va prendre de la place! Le paréo pour la plage, un jean et 5 ou 6 Tshirts si on décide de faire une balade… Comment ça 5 ou 6 c’est beaucoup? J’aime avoir le choix, pas vous? Et puis ne soyez pas de mauvaise foi, ce ne sont pas un ou deux Tshirts supplménetaires qui m’empêcheront de fermer mon sac. D’autant que je n’ai pris qu’un seul jean! Et si on sort? Je prends une robe au cas où! Les chaussures! J’allais oublier les chaussures! Je prends les tongs pour la plage, les baskets (et des chaussettes!) si on décide de faire une balade… Et si on sort? Je prends les talons au cas où! J’y suis presque. Plus que la crème solaire et le lait hydratant après soleil, le gel douche, le shampoing et l’après-shampoing… Pour 3 jours, une seule serviette? Non, 2! Une pour la plage, une pour la toilette! Je déteste m’essuyer avec le sable de la plage après ma douche! Ça gratte, beurk! Un (bon!) bouquin, l’appareil photo et son chargeur, l’ipod et son chargeur, le téléphone et son chargeur… Voilà! Je crois que je n’oublie rien. Si! La bouteille de Château Fiesta pour mes hôtes: j’ai des manières, je n’aime pas arriver les mains vides.
C’est étrange, à peine quelques bricoles et le sac ne ferme pas? J’ai dû mal les agencer. Je ne vais quand même pas tout ressortir! Un petit effort, je pousse fermement tout mon barda dans les entrailles du sac pendant que je le comprime fermement entre mes genoux… hmmpf… Non?
Bon, et si je m’asseois dessus? J’écrase… haaan… je comprime… pff…. je compresse… arggg… Mais enfin, c’est dingue! Je n’ai quasiment rien pris! En sueur, ahanante, j’ai beau tirer sur la toile du sac en tous sens et sautiller allégrement du potin impossible de le fermer! Bon, après tout le Château Fiesta ne s’impose pas, je trouverai sûrement un cadeau sur place. Rebelote, c’est reparti pour une séance de Zumbagagite! Miracle, la fermeture éclair remonte!!!! Mon sac est bouclé! Mais comment un maillot et une brosse à dents peuvent-ils peser si lourd? Mystère… 
Moi qui voulais faire court! C’est raté! Enfin, je vous quitte, à moi les joies des embouteillages! Juste le temps de vérifier mon sac à main et je file…