130. Rentrée au bercail

D’habitude, j’aime bien ça, moi, la rentrée. Retrouver mon petit chez-moi, demander des nouvelles du quartier à la concierge. Ou l’inverse. J’aime bien ça, reprendre mes petites habitudes, d’habitude. Faire mon jogging du matin… écrire mon blog… aller chercher ma baguette bien cuite à la boulangerie… Parfois, le bronzage éclatant en bandoulière, je pouffe même sournoisement, entre les croissants et les pains aux chocolatine, devant le teint meringue immaculée de la vendeuse… 
Tous les ans, histoire de remplir le frigo resté désespérément vide pendant que je m’empiffrais à l’autre bout de la France de brochettes, de gambas, de glaces ou de gaspacho, je retourne mollement au supermarché. Sous les néons du Monoprix, je me sens à l’étroit et je regrette le brouhaha et les couleurs des marchés ensoleillés de la Drôme. Un léger parfum d’huile de Monoï et de  bougies anti-moustiques persiste entre les allées et me ramène un instant dans le Sud jusqu’à ce que l’odeur caractéristique des cartables et des cahiers neufs me submerge et me fasse dare-dare retomber en enfance. Du Sud, je me retrouve direct sur les bancs de l’école de la rue de Passy et si je ne fais pas attention, au lieu de mon café et de ma lessive, je me retrouve avec un lot de cahiers A5 grands carreaux et un kit équerre/rapporteur et je suis même à deux doigts de rédiger un exposé sur Napoléon Bonaparte ! 
La rentrée d’habitude, c’est encore le plaisir, enfantin lui aussi, de retrouver les copains. Les Cartes Panini cèdent la place à celles des restos et autour des tables, on est excités tout pareil de se retrouver pour se raconter nos vacances et on rigole aussi fort que dans la cour de la rue de Passy même si on frime un peu moins qu’à la récré. Personne ne va plus voir les vaches chez son Pépé (forcément ! Des Pépés, on en a moins), faire de super chasses au trésor à la colo de Prénovel-les-Piards, ni embrasser le  prof (?) de tennis sur la bouche… Enfin ça, peut-être bien que si… Non. Maintenant, on est un peu comme Astérix, pour les vacances, on va chez les Corses,  les Savoyards ou les Bretons vu qu’on n’a plus trop le droit de passer les frontières, on ne bouffe pas de sangliers rôtis arrosés de cervoise mais on n’en est pas loin vu la gueule du barbecue (et d’ailleurs, on revient souvent avec un ou deux sangliers sur les hanches !), on se promet tous les jours d’aller marcher le lendemain mais plutôt que d’aller faire le GR 30 au Puy de la Vache, on  fait plutôt la sieste. Cet été, en plus, on a joué à Masque ou pas masque, ça ressemble un peu au Jumanji, les règles changent tout le temps, mais c’est moins marrant…
Enfin, dans l’ensemble, on a tous passé de belles vacances ! Mais, faut dire qu’avec le printemps qu’on a eu c’était pas trop difficile…  Et puis faut dire encore qu’avec le printemps qu’on a eu, on est tous bien contents de rentrer se remettre enfin au boulot. Enfin ceux qui en ont. 
Personnellement, tout ce que j’ai, c’est ma lessive (sale), mon café et mon bronzage (éclatant). Je pourrais toujours retourner narguer la boulangère ? Mais ça va devenir moins rigolo. En plus à force, mon bronzage devient de moins en moins éclatant. Ou alors ce sont ses meringues qui sont de plus en plus foncées ? Je pourrais bien me faire un café  et laver mon linge ? Mais j’ai la flemme et puis la caféine je n’en ai pas vraiment besoin, l’énergie, on peut pas dire que je sois en manque. Faut tout vous expliquer ! C’est la rentrée ! Je suis reposée, je suis au taquet, là ! D’ailleurs ça fait des mois que je me repose de ne rien faire, je suis pas au taquet, je suis au taquet double ! Ça j’en ai bien profité du soleil de la Drôme, j’ai fait le plein, j’ai rechargé les batteries, je suis devenue une sorte d’engin hybride ! Je suis prête à repartir sur les chapeaux de roues ! Mais j’ai pas trop l’habitude des hybrides ? C’est normal ce démarrage tout pourri ? J’ai l’impression qu’on est un peu raplapla, non ? 
Ceci dit, une rentrée avec Bachelot en prof’ principale, ça sentait le traquenard. Tous ceux qui l’ont eu avant l’avaient bien dit : c’est un vrai boulet, avec elle, vous allez ramer… N’empêche, quand je vois mon emploi du temps, je me dis qu’ils n’avaient pas tort… Ça me déprime…  Y a des trous partout… Quant au programme, il est plutôt maigre… En plus, Roselyne, vus ses antécédents, à tous les coups, elle va vouloir nous faire faire du masque ! Enfin, ça aurait pu être pire, on aurait pu avoir Stéphane Bern et là j’aurais été obligée de l’écrire cet exposé sur Napoléon Bonaparte !

Bon allez, c’est pas la peine de me mettre la rate au Bouillon Cub ! La rentrée scolaire, c’est rien qu’une fête commerciale inventée par les vendeurs de cahiers A5 grands carreaux et de kit équerre/rapporteur pour nous mettre une pression consumériste ! J’ai peut-être pas de boulot en vue, mais j’ai toujours un bronzage éclatant, et toc !

106. L’eau à la babouche

Dans l’air flotte un parfum de fleurs d’orangers. Le goût d’une pâtisserie au miel persiste sur mes lèvres. Ici, la cannelle, le curcuma et la semoule s’empilent dans des sacs en toile fatiguée. Plus loin, un vieux monsieur couvert d’un caftan actionne une antique machine à coudre Pfaff. Deux chats galeux lèchent des têtes de poissons dans une cuvette en plastique. Un petit garçon aux dents éclatantes me salue: « Salam aleikoum Madame La France! ». Je souris. Je déambule. Je suis  au hasard le dédale mystérieux de la Médina de Fès. C’est mon premier voyage au Maroc. Chaque brin de coriandre, chaque verre de thé à la menthe me fait penser à mon grand-père, à ma grand-mère et à ma mère aussi. Des caractères arabes ornent le mur d’une gargote. Juste en dessous la traduction me fait monter les larmes aux yeux. Mets ta tête dans le son et les poulets viendront la picorer. Proverbe Marocain.  Dans ma tête résonne le rire de Mamita. 
Au Riad, la cuisinière fait une pause entre deux tajines. Elle m’encourage chaleureusement à finir des galettes anisées : « Mange ma fille! » Oh que oui je les mange tes galettes. Goulument. « Et d’où tu es toi? » demande-t-elle. Je garde le silence. Sa question me laisse perplexe. Je n’ai jamais mis les pieds dans ce pays pourtant partout, à ce moment précis, je me sens chez moi ici.  Jusqu’à la grisaille et la pluie parisiennes qui se sont glissées dans ma valise. Car ce nouveau voyage serait parfait s’il ne pleuvait pas des cordes de oud! Je ne suis pas croyante, mais alors que Pessah s’achève, tout de même je m’interroge : quatre dégâts des eaux en moins de six mois, un déluge à Rome et maintenant des hallebardes à Fès, ça fait beaucoup d’eau. Dis-donc Moïse – et je ne parle pas de mon ex ! – t’aurais pas quelque chose à me reprocher? A l’avenir, quitte à voyager humide, je pourrais peut-être mettre toute cette eau à profit? La Tanzanie ou le Kenya m’apparaissent subitement comme des destinations touristiques potentielles… 
Armée de mon parapluie, avec ma compagne de voyage, nous décidons de braver les éléments déchainés. C’est qu’une mission m’attend. Comme par miracle, à peine avons nous mis le pied dehors, que le soleil pointe le bout de ses rayons. Moïse? C’est toi? 
Dans un élan d’optimisme nous nous connectons à Google Map pour rejoindre Mellah, le quartier juif de Fès. Dans un éclair de lucidité nous nous déconnectons. Ici, l’application elle aussi est… marocaine! Les indications du GPS nous perdent plus qu’autre chose. Exit Google Crap. Perdues, à l’ancienne, nous demandons notre chemin. Un type en survêtement nous interpelle : « Synagogue? Synagogue? » comme s’il voulait nous vendre du krach… Hmmm « Non merci! ». Un petit garçon à vélo vole à notre secours et nous guide entre cordes à linges et minarets. Devant la synagogue, un policier prend le relais, trop heureux de quitter son poste et de profiter d’une balade, il nous accompagne à mon but ultime : le Cimetière Juif de Fès. 
Je paye 20 dirhams et m’avance entre les tombes d’une blancheur éclatante. Je suis venue rendre une visite on ne peut plus insolite à mes arrières grands-parents que je n’ai pas connus.  Mais avant, j’en dois une à Monsieur Edmond, le gardien ou plutôt, la mémoire du cimetière car je n’ai aucune idée de l’endroit où reposent mes ancêtres. 
Dans la maison de Monsieur Edmond le temps s’est arrêté. Posé sur son fauteuil qui a sans doute connu le Protectorat, le vieux monsieur n’a plus d’âge. Il regarde un poste de télévision monumental qui diffuse probablement les programmes de l’ORTF. Un fatras d’innombrables clés, outils, lampes à huile, et vieilles photos s’entassent dans la pièce. Le parfum improbable me fait presser une fleur d’oranger sous mes narines.  J’explique le but de ma visite à Monsieur Edmond et lui donne le nom de mon arrière-grand père. Le vieillard déplie sa lourde carcasse. Il va chercher un vieux cartable et sort un recueil de feuilles incongrument imprimées, il annonce fièrement dans son français ensoleillé que tout sera bientôt sur Internet. Tu connais Internet Monsieur Edmond? Pendant que je m’interroge, son doigt jauni suit laborieusement les lignes du cahier sale. Ce moment ne semble jamais devoir finir. A l’autre bout de Whatsapp et du continent, j’appelle ma tante Monique à l’aide. Je passe mon Smartphone à Monsieur Edmond et assiste médusée à un échange surréaliste entre le dinosaure et Tata Momo. Le coup de fil s’achève et le doigt jauni reprend sa lente progression. Alors que je me résigne à faire chou blanc, mon amie vole à son secours.
Shalom Tordjman. 1926. Carré 7. 
Viens, je t’embrasse Monsieur Edmond! 
Sa vieille carcasse est trop rouillée, il ne peut pas nous accompagner sous la pluie qui s’est remise à tomber. Il nous confie aux bons soins d’un employé du cimetière. Je tiens mon parapluie au dessus de l’homme en pull rouge sur chacune des tombes du Carré 7. Il déchiffre péniblement l’hébreu qui orne chacune d’elle. Il finit par lire… Sha-Loom… Tor…. Le temps s’arrête. A son tour, l’homme tient le parapluie pendant que je lutte pour allumer ma bougie avant de la placer dans la cavité prévue à cet effet. Je pose un petit caillou. Et puis je reste là… Sous la pluie… Je profite de ce moment improbable mais chargé d’émotion devant la tombe de mon arrière grand-père. Deux larmes coulent sur mes joues. C’est fou comme ça fait du bien parfois… un peu d’eau.

91. 50678

Je me frotte les yeux mais non, ce n’est pas une blague on dirait. 
50678. 
Dommage, ce n’est pas le montant de mon crédit bancaire. Par contre, ce n’est pas le montant de mon découvert, l’un dans l’autre j’ai donc plutôt lieu de me réjouir et – si par hasard il lit ces lignes – mon banquier aussi.
50678, ce n’est pas non plus mon code postal, il s’avère cependant que c’est tout à la fois celui de Cologne en Allemagne, de Los Lobos au Mexique et de Uncastillo aux Etats-Unis. A retenir… qui sait, ça peut servir? 
50678, c’est également le nombre de kilomètres qu’affiche le compteur de la HYUNDAI i10 automatique d’occasion que vend Monsieur Lecroulant pour la somme raisonnable de 14600€, sans préciser toutefois si ladite HYUNDAI croule elle-même, à l’instar du patronyme de son propriétaire.
50678, c’est en outre le nombre de points qu’il vous faut récolter au jeu vidéo écologique Le royaume des plantes avant de devenir le Seigneur de l’Écosphère et pouvoir commencer à emprunter les corridors écologiques qui vous permettront d’accéder aux réservoirs de biodiversités. Le genre de « jeu » éducatif qui, personnellement si j’avais dix ans, comme c’est inscrit sur la boîte, m’inciterait plutôt à m’étouffer avec un sac plastique qu’à le recycler! 
Mais 50678, aujourd’hui, à 16h12, c’est surtout le nombre de fois où ce blog s’est affiché quelque part, sur l’un de vos écrans, pour faire l’objet de l’une (ou plusieurs?) de vos lectures fidèles ou hasardeuses, curieuses ou affectueuses, oisives ou même, paraît-il studieuses. J’en profite d’ailleurs pour vous saluer amis québécois qui bûchez sur moi, je vous embrasse, ou plutôt, je vous donne de gros becs! 
50678… Moi… moi… eh bien moi, quoi? Moi, ça me fait quelque chose! Moi, je n’en reviens pas! Depuis cinq ans, j’écris ce qui me passe par la tête avec le cœur beaucoup, avec les doigts forcément et avec les pieds des fois, mais j’écris surtout comme ça vient, sans trop réfléchir. C’est vrai qu’il s’en passe des choses dans ma folle de tête! Tantôt dans les nuages, tantôt dans le guidon, parfois dans le sable quand elle n’est pas carrément sous l’eau, j’ me la prends la tête, j’ me la creuse profond, j’ la baisse quand il faut, je la relève quand je peux, et puis voilà qu’elle me tourne, qu’elle me tourbillonne comme un panoramique à 360°, parfois j’en change et même ça m’est arrivé de la perdre! C’est Bouglione ma tête! Ou Romanes… ça dépend des jours, de la météo, des nouvelles et puis bien sûr, de la musique qui trotte dedans. Quand la musique est bonne bonne bonne comme dirait l’autre, ben je fais une chanson son son… Mais sinon, quand la BO n’est ni Nino Rotta ni le No Smoking Orchestra, je blogue… 
Bizarre ce mot. Moche même… Je ne m’y fais pas. Ça me rappelle ce film d’horreur, le Blob. Beurk! Ou bien une une éruption de boutons suspecte! Je blogue encore? Zut! C’est pas une allergie au moins? Ou bien de l’acné? Ça existe le Blogactol? C’est vrai que quand on blogue, on a facilement des sautes d’humeur… Haaan! Est-ce que tout le monde se moque de mon blog dans mon dos? Est-ce que ça passe avec l’âge? Je ne crois pas. On dirait même que ça s’accentue. Bah tant pis, après tout,  je crois que j’ai pas tellement envie qu’on me la soigne, ma bloguite…  
C’est pas si mal ce petit retour en adolescence. Bloguer c’est comme tenir une sorte de journal intime qui serait pas intime du tout puisque, à l’ère du numérique, tout le monde peut lire ta vie. De toute façon cette notion de journal intime était déjà très relative il y a… il y a… bon disons il y a quelques années, à l’ère du règne des papivores. La seule différence c’est que avec le numérique, ce n’est plus seulement ta mère qui risque de tomber « par hasard » sur tes révélations au choix, douteuses ou sensationnelles en changeant la housse de ta jolie couette à chatons ou têtes de morts. 
Au passage j’en profite pour ouvrir ici une petite parenthèse à l’attention des ados égaré(e)s qui liraient ce post. D’abord les couettes à chatons ou à têtes de morts c’est affreux. Dans le doute optez pour du uni. Même du marron. Ensuite sachez que, malgré de trompeuses apparences, l’espace entre le sommier et le matelas constitue la plus mauvaise planque qui soit pour votre journal, vos clopes ou le soutien-gorge que vous avez piqué à Tante Odile (ou tout autre objet que vous considérez comme intime). Un objet, quel qu’il soit, placé à cet endroit précis a pour vocation d’être découvert par, selon les cas et par ordre de vraisemblance : 
  1. Un parent exaspéré que vous ne rangiez jamais votre chambre
  2. Un(e) employé(e) de ménage engagé(e) pour remédier à l’exaspération récurrente (et très certainement grandissante) décrite dans le cas n°1
  3. Un frère, une sœur, ou tout autre individu manifestement animé de mauvaises intentions à votre égard. 

Une telle trouvaille ne peut dès lors pas être considérée comme une violation de la vie privée. 

A votre âge, si vous voulez vraiment qu’on vous foute la paix, commencez donc par ranger votre chambre et par changer votre horrible couette vous-même! Et puisque vous tenez tant à écrire, mettez vous donc au blog et publiez donc votre vie privée en ligne! Vous éviterez à vos parents de retourner votre chambre afin de tout savoir de vos déboires sentimentaux et de vos névroses rimbaldiennes. Enfin, si vous ne savez pas ce que « rimbaldienne » veut dire, planquez donc plutôt un dictionnaire Larousse sous votre matelas pour changer. Là-dessus, je referme cette parenthèse. 
Tout ça pour dire que depuis cinq ans, à Paris, Strasbourg, Genève, Québec, Tel Aviv et même à Charlottesville, 50678 personnes ont cliqué sur moi et que c’est dingue!
Que depuis cinq ans, je reçois des jolis mails d’ici et d’ailleurs, d’amis et d’inconnus, que chaque fois ça me fait tout doux et que je ne m’habitue pas.
Qu’après cinq ans, j’ai sûrement l’air un peu cucul, un peu nunuche, un peu concon, mais ça me touche…
Alors à vous tous qui me lisez, le visage ensoleillé par la lumière de votre écran d’ordinateur, de votre tablette ou de votre smartphone, je vous dis 50768 fois… 
STEF!

88. Putain de camion…

Figurez-vous que ce matin, en tant que membre unique de la rédaction de ce blog, je me suis autopromue rédactrice en chef. C’est une décision que j’ai mûrement réfléchie et qui n’a pas été facile à prendre. J’ai longuement discuté avec moi-même : Blog, mon beau Blog, suis-je toujours la plus STEF! ? Eh! A l’heure du numérique le miroir est assez has been, j’ai préféré interroger l’écran de mon ordi ou celui de mon smartphone. D’autant que c’est assez rassurant : j’ai cherché sur Google, je n’ai trouvé aucune chanteuse vivant en colocation avec sept nains qui subsiste en tant qu’agent d’hygiène et de propreté et qui soit plus STEF! que moi. Toujours est-il qu’après une réflexion intense, j’ai voté et je me suis élue. A l’unanimité. Tant que j’y étais je me suis aussi nommée directrice de la publication. Et rédactrice adjointe. Ça ne mange pas de pain de mie. On ne peut pas dire que tout cela soit très lucratif. mais tout de même, c’est assez gratifiant. Comme dit la Compagnie, c’est bon pour le moral, c’est bonbon… Suite à ma récente promotion j’avais dans l’idée de vous parler d’un truc léger ou frivole, pour ne pas dire complètement idiot. Après tout, c’est l’été, mes (vos?) neurones n’ont-ils pas besoin d’un entracte. Donc, après de (très) brèves recherches, j’avais décidé de vous vanter tout à trac les avantages et les inconvénients de la poussette-trottinette et d’aborder la meilleure façon d’assortir le sac à main cubi de vin (version Cabernet Sauvignon ou Chardonnay) avec votre garde robe estivale. Vous reconnaîtrez que je prends ma nouvelle fonction au sérieux et sais vous dégoter des sujets électrisants bien que pas assez pour m’illuminer le plafond avec du 220 V et pondre une nouvelle chanson désopoilante.  
Du reste la gondolade, là tout de suite… pardonnez-moi mais ça vient pas. 
Hier, au son de l’accordez accordez accordéon, fête nationale oblige, j’ai joyeusement chanté des refrains plus usés que le plus usés des vieux jeans de Gainsbourg. Sous une guirlande multicolore j’ai accompagné des couples maladroits qui s’essayaient à la valse musette. Le cœur tout en bleu blanc rouge, j’ai vu la Vie en Rose,  j’ai bu un Petit vin Blanc, j’ai fredonné la Java Bleue,  je me suis Promenée au Bord de l’eau et j’ai pris la Nationale 7…. Il faisait chaud, très chaud sur la terrasse recouverte de gazon, le thermomètre probablement. La bonne humeur, l’amitié et quelques bières sûrement un peu aussi… Sans prévenir, Youssef le pompier de garde s’est mis à danser dans son uniforme… Une vieille dame s’est levée et nous a interprété Le temps des Cerises. Plus personne n’a parlé et on se serait cru dans un film de Julien Duvivier… Quelques bières plus loin, la soirée a viré à la colonie de vacances quand l’assistance a entonné en chœur Santiano  et  Les copains d’abord… 
J’ai chanté, j’ai ri, j’ai dansé avec de parfaits inconnus. 
A 6 heures du matin, j’ai quitté ces inconnus parfaits…
Ce matin, quand j’ai enfin émergé,  j’ai hésité (pas longtemps) entre un café au Guronsan et un vieux reste de kebab froid. Il faut dire que mon estomac était un peu déboussolé après le décalage horaire de la nuit. Il s’est rapidement remis à l’heure locale quand j’ai approché de mon nez le reste de grec que j’avais voulu garder en souvenir. Bien réveillée, j’ai allumé la radio. J’ai vite regretté. J’ai brutalement découvert que la fête était bel et bien finie et qu’un illuminé avait décidé d’annuler le feu d’artifice à Nice la veille au soir. Envolés d’un coup la sensation de chaleur, d’harmonie et de bien-être… Revenus la peine, l’effarement, la colère et l’impuissance… Alors quoi? On s’habitue? Un jour Je suis Charlie, le lendemain Je suis Paris, et puis Istanbul, Bruxelles, Bamako, Orlando, aujourd’hui c’est Nice…  Et demain? Je serai quoi? J’en ai assez de cette schizophrénie. J’en ai assez de réviser ma géographie à coup d’attentats. Je ne suis personne. Je suis STEF! et Je suis triste.

39. Justes noces…

Quelle ironie!
Alors que j’entame le 39ème billet de ce blog toujours plus spirituel, je réalise, curieuse coïncidence, que tels les feuilles jaunies des robiniers majestueux de l’avenue Gambetta balayées par le vent d’automne, mes 39 ans achèvent imperceptiblement leur valse folle… Dites, si ce blog est toujours plus spirituel vous noterez qu’il est également toujours plus poétique et même, toujours plus instructif! Des robiniers, m’sieurs, ‘dames! Hein? Avouez qu’elles vous épatent un brin de cerfeuil  mes connaissances arboricoles! Tenez, j’en profite pour porter à la votre, de connaissance, que les robiniers sont également appelés sophoras. Et toc! Comme quoi, si certains chauffeurs de taxi affectionnent les balourdises de Rires & Chansons tandis que d’autres s’émeuvent aux gauloiseries des Grosses Têtes, d’autres encore,  plus rares certes,  semblent être un peu moins cons que leurs confrères voire bucoliques!
 
Mais je m’égare de l’Est (si vous avez un itinéraire préféré, indiquez le au chauffeur).
 
Revenons donc à notre équation de départ. Nous avions, je vous le rappelle, 39 blogs d’une part, 39 ans de l’autre. Ou l’inverse si vous préférez, je ne suis pas contrariante.  
Bon.
Et alors?
C’est vrai, au fond, quel rapport? J’ai beau me presser le pamplemousse, je n’en vois aucun. C’est bien dommage! Moi qui pensais tenir mon sujet avec une pareille entrée en matière… C’est malin! Maintenant il va falloir broder… Bien. Faisons comme si de rien n’était… Il se peut d’ailleurs qu’à ce stade de la lecture, personne n’ait encore remarqué mon désarroi rédactionnel?
 
Je disais donc, 39 ans…  Bientôt 40… Il n’y a pas là de quoi faire un roman… Une chanson tout au plus? Blague à part. 39… 40… Si vous voulez mon avis, c’est bonnet banc, blanc bonnet… Quoique? A 39 ans, je me suis rencardée, on fête les Noces de crêpe, et à 40 les Noces d’émeraude. Il y a une nuance. Et de taille. 1 carat tout au moins. A choisir, je préfère les émeraudes!  C’est tout de même nettement plus esthétique que des galettes sarrasines, qu’elles soient montées en bague ou en boucles d’oreilles! De toute façon, la question ne se pose pas vu que ces temps-ci, je ne suis pas exactement à la noce voyez-vous. Au propre comme au figuré. J’ai bien assisté à celle de ma cousine le weekend dernier, plutôt réussie d’ailleurs, mais ce n’est pas la même chose. Enfin vous me comprenez. De toute façon, papier, émeraude, enclume ou cotillon, la joaillerie ce n’est pas vraiment mon truc… Par contre, les crêpes au sucre…
 
Mon Dieu, vous avez remarqué? Ce billet fourmille de petites informations intimes! Certes, pour ceux qui connaissent  mes chansons, ce ne sont pas des infos de la toute première fraîcheur! Quoique, je l’ai déjà dit, je le répète, je le martèle: mes chansons ne sont pas autobiographiques, heureusement! Enfin pas toutes.
Tenez, par exemple,  En quarantaine ! Je n’ai pas écrit cette chanson agitée d’une crise d’angoisse existentielle alors qu’il me faudra bientôt ajouter une bougies, poser le pire, retenir le meilleur, pour obtenir quatre dizaines pleines et rebondies. Non, bizarrement, je crois  pouvoir dire que je m’en tamponne un peu. A vrai dire, je n’ai jamais été fâchée avec les mathématiques. En réalité, je l’ai écrite pour ma copine Valérie qui méritait bien que je lui consacre une chanson! Quadragénaire resplendissante, rigolote et généreuse, sexy en diable, actuellement crêpière de son état et qui a un penchant prononcé pour la bijouterie en général et les émeraudes en particulier! Comme quoi, des galettes aux pierre précieuses, finalement, il n’y a qu’un pas!

Tout ça pour vous dire que 39 messages ça n’est pas rien! En quelque sorte, c’est un peu comme si  nous fêtions nos  Noces de crêpes à nous! Alors trinquons, voulez-vous? Très chers lecteurs, très chers amis, curieux, habitués et/ou anonymes, je lève mon bol de cidre à votre santé! Merci pour vos plus de7000 visites (franchement, 7000??? Je n’en reviens toujours pas!), et puis surtout, merci de votre fidélité! On a beau dire, ça n’est pas rien dans un couple!

Pourvu que ça dure!