122. Magical Liverpool Tour

Figurez-vous que je reviens de la Piscine de Foie.  Enfin, je n’étais ni à la piscine, ni à Foie. Non, j’étais à Liverpool, baptisée comme chacun ne le sait pas d’après Liver, foie et Pool, piscine, une association qui pourrait paraître insolite, mais les Anglais raffolent des abats, c’est bien connu même si ce n’est pas ce qu’ils ont de mieux, c’est bien connu itou. Ceci dit, il semblerait que je me sois foie-rvoyer ! En effet, le Guide du Routard m’apprend que Liverpool viendrait du vieil anglais lifer « eau boueuse », et pōl, « ruisseau ». Well, why not ? Je ne suis pas contrariante. Bien qu’à choisir, je ne sois pas sûre de préférer plonger dans un ruisseau d’eaux boueuses plutôt que dans une piscine remplie d’organes abdominaux. Du reste, il faisait trop froid ce week-end là pour prendre un bain où que ce soit et je me suis contentée de faire un peu de Beatlourism.
Fort heureusement, dans l’avion qui m’amenait avec mes 3 compagnons dans les eaux apparemment crottées de ce noble estuaire, nous avons pu profiter indirectement mais sûrement des conseils sonores et avisés de notre voisin de siège – que nous nommerons ici Jean-Luc –  qui visiblement, connaissait Liverpool comme sa poche. A y regarder de plus près, je pense que lui-même devait considérer la ville entière comme une piscine pour son foie hépatique. Le temps aurait pu nous sembler bien long alors qu’impatients, nous piétinions derrière Jean-Luc, attendant de passer la douane. Mais sa verve et son humour savoureux ont su faire durer le temps deux fois plus longtemps ! Je vous laisse juger. « Savez-vous pourquoi les sœurs japonaises aiment les Beatles ? Parce qu’elles sont jaunes les nonnes ! » Ha ha ! Comme nous avons regretté de devoir quitter Jean-Luc au sortir de l’Aéroport John Lennon justement (j’en ris encore!) où un sous-marin jaune et géant nous attendait (c’est assez rare dans un aéroport pour être noté) et accessoirement, un taxi qui s’avéra plus pratique que ledit sous-marin au moment de rejoindre notre hôtel. 
Pour cette première soirée, après une pizza typiquement britannique quoique sans abats, nous entamâmes un premier tour de la ville et des horaires de clôture des pubs avant d’échouer au comptoir du Rose and Crown où des Liverpuldiens entonnaient Dirty Old Town, tandis qu’un écran diffusait les derniers résultats du Liverpool FC. Pas de doute, nous étions bien en Grande-Bretagne ! Nous avons fini par regagner nos chambres, histoire d’être en forme pour notre Mara-Beatles-thon du lendemain. 
Imaginez une ville entière dédiée au Beatles. C’est toujours mieux qu’une ville dédiée à Gold, je vous l’accorde. Mais imaginez. Cafés (ne manquez pas le petit déjeuner du charmant Lucy in the sky), musée (The Beatles Story une visite très riche de 2h, qui se clôture par le bonheur de recroiser fuir Jean-Luc en fin de parcours !), ferry, magasins de souvenirs, de bonbons, de vêtements, de disques bien sûr… Ou que vos pas vous poussent, une photo vous accueille, une chanson familière résonne et voilà que malgré vous, vous vous surprenez à fredonner et c’est toute votre adolescence qui vous revient soudain en mémoire. Le long des docks d’abord… Baby you can drive my car, yes i’m gonna be a star… Devant les vitrines de Paradise Street… Can’t buy me love Everybody tells me so Can’t buy me love No, no, no, nooooooooooo  Dans les bars de Steel Street…. Oh, I get high with a little help from my friends…  Pour finir au fin fond de la cave étriquée du mythique Cavern Club reconstitué à reprendre Hey Jude, don’t be afraid certains à pleins poumons, d’autres les larmes aux yeux, d’autres encore les deux à la fois, alors que sur la toute petite scène, un groupe de quinquagénaires extraordinaire déchaine la foule et les passions avec son rock teinté d’accent gallois.
Manque de temps oblige, nous n’avons pas fait le pélerinage intégral. Honte à nous. Nous n’avons pas longé Strawberry fields, nous n’avons pas foulé Penny lane. Deux jours c’est bien trop court pour explorer cette ville qui a bien plus à offrir que ce jeu de piste géant dédié aux Beatles. A commencer par ses pubs bien sûr ! Et soyez sûrs que nous avons mis tout notre coeur à en visiter le plus possible dans le temps imparti.
A l’heure de monter dans l’avion du retour nous étions tous très soulagés de constater que Jean-Luc avait pris un autre vol. Mais aussi tous un peu tristes que notre escapade soit déjà finie.
De retour à Paris, à l’instar des Beatles, il fallut nous séparer. Mais en arrivant chez moi, je fredonnais encore Ob la di, ob-la-da, life goes on, bra La-la, how the life goes on…

91. 50678

Je me frotte les yeux mais non, ce n’est pas une blague on dirait. 
50678. 
Dommage, ce n’est pas le montant de mon crédit bancaire. Par contre, ce n’est pas le montant de mon découvert, l’un dans l’autre j’ai donc plutôt lieu de me réjouir et – si par hasard il lit ces lignes – mon banquier aussi.
50678, ce n’est pas non plus mon code postal, il s’avère cependant que c’est tout à la fois celui de Cologne en Allemagne, de Los Lobos au Mexique et de Uncastillo aux Etats-Unis. A retenir… qui sait, ça peut servir? 
50678, c’est également le nombre de kilomètres qu’affiche le compteur de la HYUNDAI i10 automatique d’occasion que vend Monsieur Lecroulant pour la somme raisonnable de 14600€, sans préciser toutefois si ladite HYUNDAI croule elle-même, à l’instar du patronyme de son propriétaire.
50678, c’est en outre le nombre de points qu’il vous faut récolter au jeu vidéo écologique Le royaume des plantes avant de devenir le Seigneur de l’Écosphère et pouvoir commencer à emprunter les corridors écologiques qui vous permettront d’accéder aux réservoirs de biodiversités. Le genre de « jeu » éducatif qui, personnellement si j’avais dix ans, comme c’est inscrit sur la boîte, m’inciterait plutôt à m’étouffer avec un sac plastique qu’à le recycler! 
Mais 50678, aujourd’hui, à 16h12, c’est surtout le nombre de fois où ce blog s’est affiché quelque part, sur l’un de vos écrans, pour faire l’objet de l’une (ou plusieurs?) de vos lectures fidèles ou hasardeuses, curieuses ou affectueuses, oisives ou même, paraît-il studieuses. J’en profite d’ailleurs pour vous saluer amis québécois qui bûchez sur moi, je vous embrasse, ou plutôt, je vous donne de gros becs! 
50678… Moi… moi… eh bien moi, quoi? Moi, ça me fait quelque chose! Moi, je n’en reviens pas! Depuis cinq ans, j’écris ce qui me passe par la tête avec le cœur beaucoup, avec les doigts forcément et avec les pieds des fois, mais j’écris surtout comme ça vient, sans trop réfléchir. C’est vrai qu’il s’en passe des choses dans ma folle de tête! Tantôt dans les nuages, tantôt dans le guidon, parfois dans le sable quand elle n’est pas carrément sous l’eau, j’ me la prends la tête, j’ me la creuse profond, j’ la baisse quand il faut, je la relève quand je peux, et puis voilà qu’elle me tourne, qu’elle me tourbillonne comme un panoramique à 360°, parfois j’en change et même ça m’est arrivé de la perdre! C’est Bouglione ma tête! Ou Romanes… ça dépend des jours, de la météo, des nouvelles et puis bien sûr, de la musique qui trotte dedans. Quand la musique est bonne bonne bonne comme dirait l’autre, ben je fais une chanson son son… Mais sinon, quand la BO n’est ni Nino Rotta ni le No Smoking Orchestra, je blogue… 
Bizarre ce mot. Moche même… Je ne m’y fais pas. Ça me rappelle ce film d’horreur, le Blob. Beurk! Ou bien une une éruption de boutons suspecte! Je blogue encore? Zut! C’est pas une allergie au moins? Ou bien de l’acné? Ça existe le Blogactol? C’est vrai que quand on blogue, on a facilement des sautes d’humeur… Haaan! Est-ce que tout le monde se moque de mon blog dans mon dos? Est-ce que ça passe avec l’âge? Je ne crois pas. On dirait même que ça s’accentue. Bah tant pis, après tout,  je crois que j’ai pas tellement envie qu’on me la soigne, ma bloguite…  
C’est pas si mal ce petit retour en adolescence. Bloguer c’est comme tenir une sorte de journal intime qui serait pas intime du tout puisque, à l’ère du numérique, tout le monde peut lire ta vie. De toute façon cette notion de journal intime était déjà très relative il y a… il y a… bon disons il y a quelques années, à l’ère du règne des papivores. La seule différence c’est que avec le numérique, ce n’est plus seulement ta mère qui risque de tomber « par hasard » sur tes révélations au choix, douteuses ou sensationnelles en changeant la housse de ta jolie couette à chatons ou têtes de morts. 
Au passage j’en profite pour ouvrir ici une petite parenthèse à l’attention des ados égaré(e)s qui liraient ce post. D’abord les couettes à chatons ou à têtes de morts c’est affreux. Dans le doute optez pour du uni. Même du marron. Ensuite sachez que, malgré de trompeuses apparences, l’espace entre le sommier et le matelas constitue la plus mauvaise planque qui soit pour votre journal, vos clopes ou le soutien-gorge que vous avez piqué à Tante Odile (ou tout autre objet que vous considérez comme intime). Un objet, quel qu’il soit, placé à cet endroit précis a pour vocation d’être découvert par, selon les cas et par ordre de vraisemblance : 
  1. Un parent exaspéré que vous ne rangiez jamais votre chambre
  2. Un(e) employé(e) de ménage engagé(e) pour remédier à l’exaspération récurrente (et très certainement grandissante) décrite dans le cas n°1
  3. Un frère, une sœur, ou tout autre individu manifestement animé de mauvaises intentions à votre égard. 

Une telle trouvaille ne peut dès lors pas être considérée comme une violation de la vie privée. 

A votre âge, si vous voulez vraiment qu’on vous foute la paix, commencez donc par ranger votre chambre et par changer votre horrible couette vous-même! Et puisque vous tenez tant à écrire, mettez vous donc au blog et publiez donc votre vie privée en ligne! Vous éviterez à vos parents de retourner votre chambre afin de tout savoir de vos déboires sentimentaux et de vos névroses rimbaldiennes. Enfin, si vous ne savez pas ce que « rimbaldienne » veut dire, planquez donc plutôt un dictionnaire Larousse sous votre matelas pour changer. Là-dessus, je referme cette parenthèse. 
Tout ça pour dire que depuis cinq ans, à Paris, Strasbourg, Genève, Québec, Tel Aviv et même à Charlottesville, 50678 personnes ont cliqué sur moi et que c’est dingue!
Que depuis cinq ans, je reçois des jolis mails d’ici et d’ailleurs, d’amis et d’inconnus, que chaque fois ça me fait tout doux et que je ne m’habitue pas.
Qu’après cinq ans, j’ai sûrement l’air un peu cucul, un peu nunuche, un peu concon, mais ça me touche…
Alors à vous tous qui me lisez, le visage ensoleillé par la lumière de votre écran d’ordinateur, de votre tablette ou de votre smartphone, je vous dis 50768 fois… 
STEF!

51. Bob, Tour et Picodon

Vite, vite! Pardon Monsieur… Excusez-moi Madame… Je suis en retard, j’ai laissé passer notre rendez-vous bimensuel, je suis confuse! Je ne vous ferai pas l’insulte de prétendre que mes implants capillaires se sont infectés ou que j’ai été agressée par le lapin nain de ma voisine, non. Je sais très bien que vous vous êtes sentis délaissés, abattus et envahis par une soudaine neurasthénie. Je le  comprends tout à fait, c’est bien naturel. Navrée, vraiment! Il va de soi que je prends à ma charge tout les frais d’antidépresseurs engendrés par cette négligence involontaire (uniquement sur présentation d’une photocopie de votre carte vitale, de vos trois derniers avis d’imposition et de la garantie de votre lave-linge).
N’allez surtout pas croire pour autant que je prends des vacances au soleil! Certes, techniquement, il est exact que je profite du soleil. Et des 36°C qu’affiche quasi quotidiennement le thermomètre local. Mais si vous vous imaginez que je profite de la piscine? Même pas un plouf! Alors si vous croyez que ça m’amuse! Moi qui m’était finalement acclimatée à la mousson parisienne, voilà maintenant que je me ruine en crèmes solaires pour éviter une pelade disgracieuse! Et puis franchement, est-ce ma faute à moi si cette année, Helios semble avoir décidé de troquer le char solaire pour le camping-car, plus commode pour suivre le Tour de France jusque dans la Drôme? A moins que ce ne soit pour suivre la caravane publicitaire… Eh! On le comprend! S’il pouvait récupérer 50g de nouilles gratos avec le stylo Lustucru assorti, ça ferait un drôle de chouette souvenir de vacances pour ses chevaux! Et si en plus, il pouvait gratter un Bob Ricard ou PMU, sûr qu’il ferait des envieux à la prochaine réunion des Dieux de l’Olympe! Remarquez qu’il en ferait probablement aussi à la terrasse du  France  de Dieulefit…
Figurez-vous que pour ses cent ans, le Tour est brièvement passé par la Place du Chateauras de Dieulefit (en Drôme provençale) avant de s’attaquer vaillamment au Mont Ventoux, poil au genou. Le passage a eu lieu à 120 mètres exactement du troquet Le France mentionné plus haut, j’ai compté (enfin mon voisin, c’est pareil!). Ceci a même fait observer à un habitué particulièrement spirituel de cet établissement que: « Cette année, le peloton, il fait aussi le tour du France! T’as compris Rosette? Le tour du France! Ha! ha! Elle est bonne! ».
Bref, cet évènement était plus que notable, d’autant plus qu’il coïncidait avec la fête nationale du 14 Juillet et le concert des  Zombiz. Bien sûr c’est sans tenir compte de l’époustouflant Petit Train du Picodon les 19 et 20 Juillet et du très festif Picodon chez lui le 11 août, le conseil municipal n’ayant hélas pas pu se mettre d’accord sur les dates éventuelles du Picodon se marie et du  Tirelipimpon sur le Picodon. Ceci mis à part, les habitués du Picodon tout autant que du comptoir à Rosé de chez Rosette la bien nommée, ont préféré commenter l’évènement devant la télé. Commenter et puis surtout arroser. C’est vrai que c’était une belle occasion de sortir les glaçons tout de même! Rosette a même offert sa tournée, c’est pas tous les jours fête! Il faut dire que au France, pour ce qui concerne l’arrosage, on sait les reconnaître les bonnes occasions! Et puis aussi, au France, le Ricard, on l’apprécie mieux en verre que sur un Bob. C’est une question de goût j’imagine. Ou de couvre-chef? Personnellement, le goût de l’anisette en plein soleil ça me filerait plutôt la casquette. A choisir, je préfère les saveurs parfumées et caprines du Picodon. D’un autre côté, c’est vrai que avant-hier, le Petit Train du Picodon n’a distribué ni Bob, ni casquette. Ni cagoule. Ni béret. Oualou. Pas l’ombre d’un képi. Alors forcément au France on était un peu déçu, ça manquait de panache comme on dit. Mais pas de panaché, faut pas déconner non plus. D’ailleurs, comme l’ambiance n’était plus à la fête, chacun a payé son godet. Et pour se consoler, plutôt qu’un Ricard, l’un s’est rabattu sur le Rosé et l’autre sur le demi mais il faut bien avouer que c’était pas pareil… Enfin, comme a dit Rosette, il reste toujours les souvenirs.

Habitué 1 : Y a pas à dire, le Tour, c’est quelque chose!
Habitué 2 : Pfff… c’est pas du sport ça, ils sont tous dopés les cyclistes!
Habitué 1 :  Eh! Le tourisme aussi ça le dope! Ha! ha!
Rosette : Bon allez les gars, finissez vos verres, faut que je ferme moi.

Alors, j’étais en retard, c’est vrai, mais voyez bien, j’avais une bonne raison! 

45. Anormale saisonnière

Ça y est! Enfin! Il est là!
Comment ça « NON »? Qui a dit « NON »? C’est nul ce « NON », c’est miteux même.
Ça m’aurait étonné aussi qu’il n’y en ait pas un pour faire du mauvais esprit! Qu’est-ce que c’est encore que ce bête esprit de contradiction: « NON »? Vous vous croyez malin? Eh bien, permettez-moi de vous dire que cette attitude atrabilaire…  (Là, je prends un petit temps. C’est pour ça les points de suspension, pour le petit temps. D’abord pour savourer l’effet produit par l’usage du mot atrabilaire sur le lecteur ébloui par l’étendue de mes connaissances sémantiques et ensuite parce je suis particulièrement fière d’avoir réussi à placer ce mot dans le contexte approprié et que ça mérite bien un Granola!)… Cette attitude disai-je, ne vous mènera nulle part!
Regardez-donc plutôt autour de vous, j’invente peut-être?
Et ces pantacourts fluos qui fleurissent aux vitrines? Et ces fraises espagnoles? Et ces asperges marocaines? Elles ne débarquent pas chez les maraichers peut-être? Et les supers promos sur les barbecues électriques chez Casto, ça ne vous évoque rien? Ce doux parfum synthétique de lilas qui flotte dans la cage d’escalier fraîchement lessivée par la gardienne, vous trouvez ça naturel? Le retour de la Foire du Trône? Toujours rien?  Les Huit Jours en Or du Printemps… qui tombent justement maintenant? Simple coïncidence? Mais bon sang, Alexis HK et La rue Kétanou au Printemps de Bourges? Ce ne sont pas des preuves peur-être?
Oh bien sûr, je les entends d’ici les pisse-vinaigre grommeler leur complainte saumâtre! « Il fait froid… Y en a marre de la pluie… Mais ça n’en finira jamais? De mon temps, ça durait moins longtemps… Ah la la, y’ a plus de saison… Manquerait plus qu’il grêle… Il est dégueu ce café… « 
Vous arrêtez de râler un peu? Puisqu’on vous dit qu’il est revenu! Allez hop! Sortez les sécateurs et les binettes, les plantoirs et les serfouettes, c’est le moment de planter géraniums, fuschias et capucines! D’accord, vous oublierez de les arroser et vos jolies balconnières crèveront en juillet, et alors?  C’est le printemps nom de Dieu! Les jours rallongent, les oiseaux gazouillent, les ados bourgeonnent! Ça sent bon le gigot rôti! Mesdemoiselles à défaut du pantacourt, ressortez les jupettes, fluos si possible, effet garanti sur ces messieurs quand ils vous regarderont faire la belle à Velib’! Quant à vous messieurs, il semble que cette année la chemise se porte fleurie. Soyez sans crainte, le liberty ne portera aucun préjudice à votre virilité, à moins que vous ne fassiez vous-même la belle à Vélib’, mais je ne juge personne!
Moi le printemps, je vous avoue, je m’en fous un peu. D’ailleurs, je m’habille tout pareil. Le printemps me donne pêle-mêle des envies  de sieste, de  petit blanc au comptoir des Foudres, de flâner sous le soleil qui luit timidement sur les allées du Père Lachaise, de bouquiner square Joseph Champlain (qui est au juste Joseph Champlain, je vous le demande?), de ressortir à vélo, de fuguer en Bretagne, en Ardèche ou en Italie… Eh oui, c’est ça aussi les joies du chômage! On apprécie mieux le cycle des saisons! En hiver je me languis du printemps et au printemps de l’hiver…
Allez, je vous quitte, je vous accorde que ce n’est pas mon meilleur billet. Vous voudrez bien m’excuser, moi au printemps, je suis surtout un peu feignasse… J’émerge… Après le gel et le ralenti de l’hiver, l’encre de ma plume se réchauffe à peine. Il me faut un petit temps d’adaptation. Je ne peux quand même pas refaire le coup des points de suspension! Tiens… Et pourquoi pas? 

34. Carte postale

On a beau dire, les vacances, ça a du bon : on change d’air, on se ressource, on fait des découvertes, des rencontres… En plus, quand on revient, on a plein de chouettes souvenirs et je ne parle pas ici de l’affreux Tshirt I love Nouillorc dégotté au bar tabac local pour Tonton Norbert mais des fous rires, des interminables parties de pétanque sous les platanes et autres couchers de soleil. On revient aussi avec plein de nouveaux sujets de conversation dans la valise avec lesquels on pourra briller en société! C’est merveilleux!  On a bien quelques kilos en trop, et plus un sou dans le crapaud, mais qu’importe!
Tenez, moi qui vous parle par exemple, je reviens d’Irlande.
J’en profite pour faire une petite parenthèse. Vous savez que ça m’aurait fait plaisir qu’on parle de vous pour changer? Parce qu’on ne peut pas dire que vous soyez très causant. Très franchement, je trouve que ce n’est pas évident d’avoir une conversation avec vous. Inutile de protester! Avouez que vous n’y mettez pas vraiment du vôtre! D’ailleurs, puisqu’on en parle, je trouve que vous ne vous investissez pas vraiment dans notre relation. Je ne sens pas de véritable échange entre nous. D’un autre côté, je peux comprendre, ma vie est tellement passionnante, mais tout de même… Vous pourriez faire un effort! 
Mais revenons à nos moutons. 
Dites, vous avez compris le jeu de mots? Nos moutons? Non, c’est parce que je reviens d’Irlande… Et en Irlande… des moutons… il y en a tout plein! 
Ha! Ha! Vous noterez que je n’ai rien perdu de ma légendaire faconde! Je suis en pleine forme moi! C’est la Guinness ça.
C’est qu’en Irlande, on ne joue pas trop à la pétanque voyez-vous. C’est peut-être parce qu’il n’y a pas de platanes? Par contre, vous trouverez des moutons partout, des cailloux, des choux, quelques hiboux et aussi un ou deux chevaux ici et là, mais ce que vous trouverez surtout, c’est de la Guinness à tous les coins de pubs!
Pour moi qui ne verse habituellement pas trop dans la cervoise ou autre cercueil, vu que, je (me) cite:   

Ah! Ah!  Je m’sens pas bien
Ah! Ah! L’alcool ça craint
 
in Cuite

Pour moi, disais-je, ce stage intensif de brune n’était pas gagné d’avance. Du coup, je ne suis pas peu fière de dire que je me suis montrée à la hauteur! J’ai peut-être un peu flanché devant la tourte à la Guinness, mais qui n’a pas ses petites faiblesses? Et puis à quoi bon le nier, c’est franchement dégueulasse!
Je prie d’ailleurs mes nouveaux amis irlandais de bien vouloir m’excuser mais pour ce qui est de la bouffe, l’Irlande c’est pas Lucullus! D’un autre côté, il faut bien reconnaître qu’avec une ou deux Guinness les pommes de terre au pain ou les pizzas aux frites ça ne se digère pas si mal après tout!

Je tiens également, une fois n’est pas coutume, à rendre justice à Michel Sardou (si, si!) parce que Les lacs du Connemara, finalement c’est pas si nul! J’ai d’ailleurs claironné comme il faut cet hymne alors que je foulais la terre brûlée au vent des landes de pierres. Cette œuvre me semble en effet décrire fidèlement le paysage et l’ambiance desdits lacs. Pour ce qui est du texte tout du moins. Côté musique par contre, je conseillerais à Michel de prendre quelques leçons en général et  avec les autochtones en particulier…

Les amis, je pourrais vous parler encore longtemps de ce beau pays avec lequel je suis littéralement tombée en amour. De ces merveilleux amis que je m’y suis fait et qui me manquent déjà, de leur humour, de leur générosité… Je pourrais bien sûr vous abreuver d’anecdotes et d’historiettes savoureuses. Mais non. Aucun discours ne pourrait vous décrire ce merveilleux voyage. Quelques photos à la limite… Mais je connais trop le calvaire des soirées diapos pour vous l’infliger! Je note au passage sur mon carnet que c’est peut-être une bonne idée de sujet pour une future chanson. Vos témoignages sont les bienvenus!

Je vous invite simplement, si un jour l’occasion se présentait à vous, à sauter dans le premier avion en partance pour l’Irlande, je suis sûre que comme moi, vous reviendrez conquis, malgré le gris, malgré la pluie…

Après tout, peut-être bien qu’en Irlande, le soleil boit des coups au fond des pubs…