53. Tapiocafouillis

Aimez-vous le tapioca? Je vous demande ça, c’est sans raison particulière vous savez. Disons que je m’intéresse à vos goûts, voilà tout. On se connaît si peu. Alors dites-moi un peu, le tapioca? Ou plutôt les Perles du Japon, car vous préférez sans doute la poésie et l’exotisme de cette seconde appellation, je reconnais bien là votre délicatesse. Alors? Vous les aimez comment vos perles? En pudding? En flan? En bouillon? Je vous en mets combien? Un? Deux bols? Comment ça vous n’aimez pas le tapioca? Comment ça le tapioca c’est dégueulasse? Comment ça le tapioca ça vous débecte?!? Dites-donc, vous pourriez rester poli! Je m’intéresse mais il y a des limites, même à mon intérêt! Il est inutile d’être désagréable vous savez, j’essayais simplement d’ouvrir le dialogue avec un sujet somme toute gastronomique et anodin…
Bon d’accord, ce n’est pas vrai. J’ai menti. Pardon.
D’abord le tapioca, ce n’est pas gastronomique. Et puis en vrai, j’essayais de faire de la com’ comme on dit aujourd’hui… Sauf que comme vous venez de le constater, je suis assez nulle. Que voulez-vous, je ne peux tout de même pas conjuguer tous les talents? Rendez-vous compte: je suis déjà une chanteuse et une comédienne exceptionnelle, je suis encore une auteure fine et spirituelle, je ne peux pas en plus être la fée de la communication! Ma générosité naturelle m’oblige à en laisser un peu pour les autres.
D’ailleurs pour être franche, je ne peux pas dire que j’adore le tapioca moi-même… Le tapioca comestible, j’entends. Enfin comestible, tout est relatif! Disons que si on fait abstraction de la texture gluante et de l’absence absolue de saveur, je peux éventuellement envisager d’absorber le tapioca en omelette, en lasagnes ou en compote. Mais bon… C’est vraiment si je suis obligée. Ou alors à l’hôpital.
Non, pour tout vous dire, le tapioca, pour vraiment l’apprécier, il faut le déguster sur scène! Enfin le tapioca… Je devrais plutôt dire LA TAPIÔKA! Et là, alors que je tape ces mystérieux caractères, se produit la magie d’Internet! Figurez-vous que derrière l’écran de mon ordinateur, je viens d’entendre votre voix s’exclamer: La Tapiôka??? C’est quoi ça? Hein? Dis, STEF!, c’est quoi La Tapiôka? Ah! Ah! Je suis peut-être nulle en com’ mais en deux lignes, à défaut de votre appétit, voilà que j’ai éveillé votre curiosité on dirait! Il y a à peine trois paragraphes, vous rechigniez devant mon bol de tapioca et voilà maintenant que vous en demandez sans même savoir si cette nouvelle spécialité est digeste ou non. Mais, il est inutile d’insister, je préfère vous laisser sur votre fin, ou plutôt, en l’occurrence, sur votre faim! Piètre jeu de mots je vous l’accorde, mais c’est la rentrée, il faut que je me remette en forme!
Et puis d’ailleurs si vous étiez déjà venus aux Blancs Manteaux, vous sauriez ce que cache cette mystérieuse Tapiôka!
Ma générosité naturelle (que j’ai déjà discrètement mentionnée plus haut) me fait bien sûr excuser mes lecteurs de province, dans l’incapacité évidente de venir assister au spectacle jusqu’à présent mais qui se rattraperont très certainement lors de leur prochaine visite à la tante Odette ou lors du prochain Salon International des Éponges à Vaisselle. Quant aux autres spectateurs qui ne se sont pas encore déplacés, à moins d’être sujet à une allergie médicalement reconnue au tapioca et au manioc, je leur signale qu’il est encore temps pour eux de se rattraper car le spectacle STEF! DANS TOUS SES ECLATS se poursuit dès le 4 oct. 2013, tous les vendredis et samedis à 19h30
Au passage, j’en profite, fidèles lecteurs, pour vous dire que je suis bigrement contente et sacrément fière et comme je ne suis pas complètement mauvaise, je vous laisse un petit indice… Tapiôka, la voilà!

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29. Et voilà, c’est fini…

Oui, oui, ok, j’avoue. Je ne me suis pas trop foulée pour le titre de ce message. Je l’ai piqué à Jean-Louis Aubert, qui ne m’en voudra pas trop j’espère, d’autant que, entre nous, il a quand même fait mieux.
Mais c’est simple, concis, efficace alors  pourquoi me torturer le cortex pour trouver un titre spirituel? Là, on comprend d’emblée.
Donc…
Si vous avez un tout petit peu suivi, dimanche dernier, c’était la dernière de mes Chansons à voir aux Théâtre les Blancs Manteaux. Il serait franchement inexact de qualifier ce moment de triste. Et vous savez comme je n’aime pas l’inexactitude! Pourt résumer sobrement, c »était d’enfer! Du monde, des fous rires, un pianiste en pleine forme, une chaleur abominable, une bière infecte, tiède de surcroît, des rappels je ne vous dis que ça, bref tout ce que j’aime!  Pour autant, je me dois d’être honnête et d’avouer, peu fière, qu’une fois rentrée à la maison, j’avais au choix, soit du shampoing, soit du piment dans les yeux. Remarquez, pourquoi voir petit? Les deux peut-être? Je ne suis pas spécialiste. J’ai cependant des doutes quant aux vertus capillaires de la harissa… Quoique?
Passons. J’ai actuellement d’autres préoccupations que mes cheveux surtout que pour une fois, ma teinture Cerise écrasées resplendit dans les reflets du soleil de printemps! D’autant que au final, je n’avais rien dans les yeux… Il s’est avéré que j’avais tout simplement le coeur qui pique un peu…
– C’est grave docteur?
– Ça arrive, Mademoiselle (J’en profite ici pour glisser subrepticement  le terme  Mademoiselle, que l’administration souhaite faire disparaître de nos dictionnaires et que je trouve pour ma part  très joli! )
– Et que dois-je faire? 
– Pas grand’chose hélas. Prenez peut-être un verre de ce délicieux Mâcon? Vous verrez, ça ira déjà un peu mieux…
J’obéis docilement…
Et maintenant me demanderez-vous poliment?
Tout d’abord, je vous prierais de parler moins fort parce que le délicieux Mâcon, c’est bon, mais de bon matin, c’est traître. Ensuite, je vous serais reconnaissante de ne pas être désagréable! Est-ce que je vous en pose moi des questions? Je vous demande si votre cousine Adélaide aime le curling ou si votre oncle Albert est diabétique? Non. Bon. Alors?
Pardon. Je m’emporte. Mettez ça sur le compte du Mâcon. Et puis non! C’est vrai quoi, c’est rageant – c’est ma grand-mère qui utilisait ce mot, rageant, grr! On avait pris du temps pour prendre  nos marques, c’est vrai, mais depuis quelques semaines, je m’y habituais très bien aux salles quasi pleines, impatientes, aux rires, aux applaudissements, aux retours chaleureux, aux critiques élogieuses sur Billetreduc, et même aux quelques journalistes (deux pour être tout à fait exact, mais on ne va pas compter!) curieux d’abord, puis séduits, tout prêts à dégainer leur plume…
Et puis là, tout d’un coup, en route pour  un petit succès à défaut de la gloire, il faudrait s’arrêter. Pour d’obscures histoires d’argent parce que oui, il en faut tout de même un peu (si ce n’est beaucoup!) pour faire le troubadour, surtout si on veut que ça décolle,  peut-être…
Allez, ne soyons pas défaitiste… Voyons ce que nous réserve la suite!
Il paraît que certaines attendent le prince charmant. Pour ma part, j’attends le charmant producteur qui, curieux, s’intéressera à mes chansonnettes et fera, d’un coup de chéquier magique, de ces Chansons à voir, un conte de fête!
Il était une fois chanteuse qui s’appelait Stef!