130. Rentrée au bercail

D’habitude, j’aime bien ça, moi, la rentrée. Retrouver mon petit chez-moi, demander des nouvelles du quartier à la concierge. Ou l’inverse. J’aime bien ça, reprendre mes petites habitudes, d’habitude. Faire mon jogging du matin… écrire mon blog… aller chercher ma baguette bien cuite à la boulangerie… Parfois, le bronzage éclatant en bandoulière, je pouffe même sournoisement, entre les croissants et les pains aux chocolatine, devant le teint meringue immaculée de la vendeuse… 
Tous les ans, histoire de remplir le frigo resté désespérément vide pendant que je m’empiffrais à l’autre bout de la France de brochettes, de gambas, de glaces ou de gaspacho, je retourne mollement au supermarché. Sous les néons du Monoprix, je me sens à l’étroit et je regrette le brouhaha et les couleurs des marchés ensoleillés de la Drôme. Un léger parfum d’huile de Monoï et de  bougies anti-moustiques persiste entre les allées et me ramène un instant dans le Sud jusqu’à ce que l’odeur caractéristique des cartables et des cahiers neufs me submerge et me fasse dare-dare retomber en enfance. Du Sud, je me retrouve direct sur les bancs de l’école de la rue de Passy et si je ne fais pas attention, au lieu de mon café et de ma lessive, je me retrouve avec un lot de cahiers A5 grands carreaux et un kit équerre/rapporteur et je suis même à deux doigts de rédiger un exposé sur Napoléon Bonaparte ! 
La rentrée d’habitude, c’est encore le plaisir, enfantin lui aussi, de retrouver les copains. Les Cartes Panini cèdent la place à celles des restos et autour des tables, on est excités tout pareil de se retrouver pour se raconter nos vacances et on rigole aussi fort que dans la cour de la rue de Passy même si on frime un peu moins qu’à la récré. Personne ne va plus voir les vaches chez son Pépé (forcément ! Des Pépés, on en a moins), faire de super chasses au trésor à la colo de Prénovel-les-Piards, ni embrasser le  prof (?) de tennis sur la bouche… Enfin ça, peut-être bien que si… Non. Maintenant, on est un peu comme Astérix, pour les vacances, on va chez les Corses,  les Savoyards ou les Bretons vu qu’on n’a plus trop le droit de passer les frontières, on ne bouffe pas de sangliers rôtis arrosés de cervoise mais on n’en est pas loin vu la gueule du barbecue (et d’ailleurs, on revient souvent avec un ou deux sangliers sur les hanches !), on se promet tous les jours d’aller marcher le lendemain mais plutôt que d’aller faire le GR 30 au Puy de la Vache, on  fait plutôt la sieste. Cet été, en plus, on a joué à Masque ou pas masque, ça ressemble un peu au Jumanji, les règles changent tout le temps, mais c’est moins marrant…
Enfin, dans l’ensemble, on a tous passé de belles vacances ! Mais, faut dire qu’avec le printemps qu’on a eu c’était pas trop difficile…  Et puis faut dire encore qu’avec le printemps qu’on a eu, on est tous bien contents de rentrer se remettre enfin au boulot. Enfin ceux qui en ont. 
Personnellement, tout ce que j’ai, c’est ma lessive (sale), mon café et mon bronzage (éclatant). Je pourrais toujours retourner narguer la boulangère ? Mais ça va devenir moins rigolo. En plus à force, mon bronzage devient de moins en moins éclatant. Ou alors ce sont ses meringues qui sont de plus en plus foncées ? Je pourrais bien me faire un café  et laver mon linge ? Mais j’ai la flemme et puis la caféine je n’en ai pas vraiment besoin, l’énergie, on peut pas dire que je sois en manque. Faut tout vous expliquer ! C’est la rentrée ! Je suis reposée, je suis au taquet, là ! D’ailleurs ça fait des mois que je me repose de ne rien faire, je suis pas au taquet, je suis au taquet double ! Ça j’en ai bien profité du soleil de la Drôme, j’ai fait le plein, j’ai rechargé les batteries, je suis devenue une sorte d’engin hybride ! Je suis prête à repartir sur les chapeaux de roues ! Mais j’ai pas trop l’habitude des hybrides ? C’est normal ce démarrage tout pourri ? J’ai l’impression qu’on est un peu raplapla, non ? 
Ceci dit, une rentrée avec Bachelot en prof’ principale, ça sentait le traquenard. Tous ceux qui l’ont eu avant l’avaient bien dit : c’est un vrai boulet, avec elle, vous allez ramer… N’empêche, quand je vois mon emploi du temps, je me dis qu’ils n’avaient pas tort… Ça me déprime…  Y a des trous partout… Quant au programme, il est plutôt maigre… En plus, Roselyne, vus ses antécédents, à tous les coups, elle va vouloir nous faire faire du masque ! Enfin, ça aurait pu être pire, on aurait pu avoir Stéphane Bern et là j’aurais été obligée de l’écrire cet exposé sur Napoléon Bonaparte !

Bon allez, c’est pas la peine de me mettre la rate au Bouillon Cub ! La rentrée scolaire, c’est rien qu’une fête commerciale inventée par les vendeurs de cahiers A5 grands carreaux et de kit équerre/rapporteur pour nous mettre une pression consumériste ! J’ai peut-être pas de boulot en vue, mais j’ai toujours un bronzage éclatant, et toc !

99. Festival estival !

Bon d’accord je vous ai un peu laissé tombés. Mais j’ai une vie aussi. Ou plutôt une laaaaïfe comme le disent fort à propos (et fort théâtralement!) mes petits élèves anglophones. Si vous croyez que c’est easyyyy de décrocher, de prendre le temps d’un blog, juste comme ça, parce que l’envie m’en prend. Eh bien non. C’est très compliqué. Ça demande de l’organisation, de la planification; de l’inspiration même! Et puis, j’ai des obligations. Jouer les cigales, quoiqu’en pense Monsieur De la Fontaine, c’est du boulot. A moins de vous mitonner une lazagne entre trois et cinq du mat’, je ne vois pas comment j’aurais pu vous poster quoique ce soit depuis le mois de juin. Alors inutile de me faire tout un flan aux œufs. D’autant que ces jours-ci, les œufs, vous feriez mieux de faire attention (sans pour autant virer vegan, ce serait excessif et fort peu convivial, surtout lors d’un barbecue entre amis, cf post 97) ! 
Si je suis un peu speeeeeed, veuillez m’en excuser mais c’est que des vacances, cette année j’en ai pas eu bézef! Alors quand terrassée par une angine sortie de nulle part pendant mes seuls jours de repos, la piscine et le soleil se sont unis pour me narguer derrière la fenêtre, je reconnais que je suis devenue quelque peu chatouilleuse et que ça m’a fait moyennent rigoler.
Ma nature joviale a pourtant repris le dessus et me voilà shootée, requinquée, les globules en fête, prête à taquiner le clavier. 
Je vous avais donc laissé au carrefour des vacances pour prendre un Virage à droite  ou plutôt à l’Est direction Avignon. Je ne sais pas ce qu’il en a été de votre côté de l’autoroute A6, mais pour ce qui me concerne, l’étape fut belle, CGTiste, et ensoleillée ! Après une année électorale, disons le tout de go, le pari de porter Michel Sardou entre les remparts c’était un peu comme la candidature de Jean-François (Copé pas Derec), audacieux et pas vraiment gagné. Mais dans la famille Virage à Droite, on a le tempérament joueur. Et sagace. On le sait bien que faire Avignon ce n’est jamais « gagner ». C’est plutôt la garantie de perdre ses économies dans une mesure plus ou moins conséquente. De ce côté là, on peut dire que nous avons honorablement rempli le contrat. Conformément à la tradition, nous avons sué sang et eau 12 heures par jour, nous n’avons pas gagné un euro, nous avons dépensé plus que de raison et nous affichons fièrement un solde déficitaire, modéré toutefois (ouf!). Je vous entends qui murmurez déconcertés « mais pourquoi » ? Eh bien une fois n’est pas coutume, je vais oser l’écrire… pour le PLAISIR. Celui de jouer devant une salle pleine tous les soirs un spectacle qu’on a créé, porté, aimé, amélioré et défendu pendant trois ans. Parce que contre toute attente, ils ont été nombreux les spectateurs sensibles à ce répertoire improbable tout à la fois tendancieux et patriote et que nous n’avons pas joué – que – pour les égarés du catalogue et la belle-famille du technicien. On a beau avoir un spectacle pleins de jolis participes passés, mettons les chose au point : Avignon c’est la jungle, pire c’est le Salon de l’Agriculture du spectacle avec moins de ministres et sans le stand raclette de l’Amicale des Fromagers d’Abondance.  Certes, initialement c’était LE festival de Théâtre par excellence, merci Monsieur Vilar… Mais le temps a passé… Le IN snobe le OFF, ils ne sont pas du même monde… Dans le premier La mégère apprivoisée dure 5h dans une mise en scène iranienne sur fond d’émancipation féminine… Dans le second, le dressage de la diablesse dure à peine 1h10 avec 3 comédiens éclairés par deux projecteurs de chantier… Dans le OFF, Edward Bond et Yasmina Reza côtoient les prometteurs Faites l’amour avec un belgeMa patronne est un fumier et  Mon cul c’est pas du poulet, parce qu’il faut bien que les spectateurs de TF1 aussi élargissent leur culture… Et puis il faut encore compter avec les humoristes, les danseurs, les clowns, les circassiens et avec tout ceux du catalogue dont on ne reconnaît même pas l’étiquette sur l’emballage (c’est quoi au juste un clown thérapiste?) ! Et au milieu de tout ce beau monde, faire de la Chanson à Avignon – bien que de Droite – c’est coton ! J’en ai fait la l’expérience en solo, je sais de quoi je parle. Et pourtant… Contre toute attente, entre les 1484 spectacles du OFF, chanter Sardou et Barbelivien s’est avéré beaucoup plus porteur qu’interpréter mes propres refrains forgés à coups de dictionnaires de rimes et d’anatoles habilement détournés par l’ami François. Que faut-il en conclure? Que mes chansons ne valent pas tripette à côté des  Lacs du Connemara ou du France? Que je devrais me lancer dans la Chanson géographique? Que j’aurais dû voter Fillon? Bah non. Juste que c’était bien. Qu’on a bien bossé avec les copains. Qu’on a bien rigolé même. Qu’on s’en est fait des nouveaux de copains à l’ombre des canisses du Théâtre de la Bourse du Travail CGT. Pis des bien. Qu’on s’est mis du spectacle plein les yeux et les oreilles et qu’ on a pleuré (La voix des sans voix, Rue de la Belle écume), rit (Hobobo, Emma la clown), réfléchit (8h30 rue des Écoles, Une cosmonaute n’est pas un souci dans notre galaxie), rêvé (Driftwood, Zorozora, Gaston moins le quart), dansé le rigodon (Marionele), tapé des mains (Garance), qu’on est retombé en enfance (Histoire d’une mouette et du chat qui lui appris à voler,  Zèbre à trois) et pis qu’on  a regretté d’en rater quelques autres de spectacles tellement y en avait dans le labyrinthe des salles climatisées. Et puis qu’on reviendra… encore et encore, parce que le spectacle, c’est bon quand c’est beau. Ou l’inverse.
Alors les vacances? Tant pis ! Peut-être l’année prochaine ! Moi je préfère passer l’été à bosser. Mince! Est-ce que je serais pas en train de virer à droite pour de bon?

Avignon – L’album souvenir 

79. Ne pas rentrer

Comment ça? Déjà? Mais… Mais non! Mon maillot n’a même pas eu le temps de sécher! Alors sous prétexte que Bison Futé voit rouge ce weekend, il faudrait en conclure que les vacances sont finies? De deux choses l’une, ou bien il n’est pas très fut’ fut’ le Bibi, ou bien il faut qu’il consulte un opticien! Le thermomètre affiche 35°C, la piscine 26°C, pas un nuage ne vient s’interposer entre le soleil et mon bronzage, les lauriers n’en finissent plus de fleurir, le teint rougeaud malgré le Bob, quelques Hollandais égarés continuent de déambuler le long des ruelles de Dieulefit, le Rosé (tiède) est encore en promo au Super U et brochettes et merguez continuent d’embaumer les barbecues alentours, c’est tout dire!
Alors ok, il se peut que Bison Futé soit père de famille et qu’il doive s’occuper de la rentrée scolaire de ses… de ses… de ses quoi d’ailleurs? Ses bisotons? Ses bisonceaux? Comment on dit? C’est bien la peine de se presser de rentrer à l’école, même Google est incapable de répondre, bravo! Bref, s’il doit rentrer remplir les cartables Minions de ses bisotrucs, qu’il voit rouge, vert ou violet le bison daltonien, ce n’est pas mon problème. J’y suis, j’y reste. Même si les melons sont (un peu) moins sucrés et que les étoiles filantes ont filé… Même si Patrick Cohen est de retour sur France Inter. Même si Amélie Nothomb publie (encore!) un nouveau roman. Même si j’ai trouvé mes impôts dans ma boîte aux lettres. Même si Marie-Claire m’aide à choisir un sac tendance pour la rentrée. M’en fiche. Pourquoi je devrais rentrer? Un sac j’en ai déjà un. Et puis je n’ai pas fini de lire Le complexe d’Eden Bellwether. Nous sommes d’accord que je suis quand même plus au calme ici pour connaître la fin? Bon. Même la SNCF veut que je reste dans le Sud! Je n’invente rien : pour le même trajet, dans une semaine à peine, elle baisse gentiment le prix de mon billet de 154€ à 43€. Avouez que c’est adorable! Je ne peux quand même pas risquer de la vexer en partant trop précipitamment. Et mes nouveaux amis locaux qui m’invitent à boire des diabolos PAC à la terrasse désertée du Jean’s Café? Qui leur chantera du Michel Delpech et du Daniel Guichard pendant qu’ils grignoteront leurs cacahuètes si je m’en vais? Hein? Qui? Je ne peux tout simplement pas gâcher leurs derniers apéros de l’été! Ils m’en voudraient et cela compromettrait mon prochain séjour chez eux à Marseille! Et puis il y a aussi les copains qui sont déjà rentrés, que ce soit à Paris ou ailleurs. C’est important pour eux que je les nargue encore quelques jours depuis le bord de la piscine. Comme ça, un petit peu, sans méchanceté… Ça leur montre que je pense à eux, que je n’oublie pas qu’ils ont soit un temps pourri, soit repris leur boulot, ou même qu’ils ne sont pas partis du tout en vacances et ils sont touchés de cette petite attention… Et puis si je rentrais plus tôt à Paris, je porterais un préjudice à l’économie locale. Bon, pas énorme le préjudice, mais quand même… Eh! Je n’irais ni au marché, ni au spectacle, ni à l’accrobranche, je ne ferais pas de randonnée à cheval. Non, vraiment, c’est important que je reste en vacances. Pour moi, pour mes amis, pour la Région Rhône-Alpes!
Soyez donc rassurés, je lézarde consciencieusement au bord de la piscine encore quelques jours.

Au fond, j’ai beau savoir que Bison Futé a raison, et qu’il est temps de faire les valises et de rentrer me remettre au travail, j’ai beau être impatiente de reprendre le chemin incertain des cafés-théâtres, des cabarets et des bars à chansons, j’ai beau avoir hâte de reprendre ma plume pour signer blogs, pièces et chansons, tous les ans, j’ai bien du mal à me dire que les vacances sont finies, qu’il faut quitter ce décor magnifique parce que c’est la rentrée….

35. Bien rentrés?

Eh bien, ça y est, cette fois c’est fini… 
Fini? Comment ça fini? Quoi donc fini, vous demandez-vous paniqués par cette mystérieuse entrée en matière? Eh oui, c’est qu’à force de vous écrire, je vous connais un peu vous savez… Mais alors? A quelle nébuleuse agonie fais-je donc allusion ci-dessus?
Les vacances? La vague de chaleur? La saison douce des abricots juteux gorgés de sucre et de soleil? Le temps où, naïf, on les croyait encore ces douces promesses estivales, sentimentales, électorales ou autres… Eh bien oui, tout ça, c’est comme Capri, c’est fini.
Inutile de zieuter l’écran de votre ordinateur avec ce regard abruti de Charolaise qui regarde passer le Paris-Roanne de 14h19, vous avez parfaitement compris. Même, vous étiez prévenus. 
Vous le saviez très bien quand vous avez décidé que cette année, vous iriez camper dans le Gers avec les Boudoni parce qu’il paraît que c’est très joli le Gers, que le camping c’est une façon très saine d’approcher la nature, et qu’ils sont très rigolos les Boudoni, oui, oui, vous le saviez très bien qu’un beau jour, il vous faudrait 2h pour replier cette fichue tente 2 secondes Quechua et reprendre la route de la maison loin, très loin de ces cons de Boudoni. 
Allez, pas d’hypocrisie entre nous… Vous savez bien qu’on peut tout se dire! Vous l’avez approchée comment, au juste, la nature au Camping de la Garbure entre les sanitaires et la corde à linge des Hollandais de l’emplacement mitoyen? Sans compter les Boudoni qui ne vous ont pas laissés tranquilles une heure pour explorer la région, préférant vous traîner à l’Aqualand, à l’Accrobranche, ou encore à l’Accapulco Club et dont l’humour s’est avéré assez relatif au final…
Alors OUI c’est la rentrée. Et, vues les ‘vacances’ que vous venez de passer, est-ce qu’on ne peut pas même se permettre d’ajouter ‘tant mieux’? Et puis, c’est la rentrée, pas tout de suite, tout de suite non plus, inutile de s’affoler. Vous pouvez encore profiter de quelques heures au ralenti, pieds nus sur la moquette, un verre de rosé bien frais pas loin (ramené du Gers, parce qu’on ne peut tout de même pas en garder que des mauvais souvenirs), le journal du jour à portée de main et puis Django Reinhardt tout bas sur la platine, pour colorer le fond musical…
Et bien sûr, vous pouvez reprendre la lecture de mon blog si distrayant et si spirituel puisque de mon côté, je me remets à l’écrire, rien que pour vous…
Doucement… Tranquillement… Homéopathiquement… 
Vu que moi je suis encore dans la Drôme où après deux mois, je les prends enfin, mes quelques jours de vacances…

Alors belle rentrée, et à bientôt avec d’autres nouvelles plus artistiques et plus musicales de Stef! 

34. Carte postale

On a beau dire, les vacances, ça a du bon : on change d’air, on se ressource, on fait des découvertes, des rencontres… En plus, quand on revient, on a plein de chouettes souvenirs et je ne parle pas ici de l’affreux Tshirt I love Nouillorc dégotté au bar tabac local pour Tonton Norbert mais des fous rires, des interminables parties de pétanque sous les platanes et autres couchers de soleil. On revient aussi avec plein de nouveaux sujets de conversation dans la valise avec lesquels on pourra briller en société! C’est merveilleux!  On a bien quelques kilos en trop, et plus un sou dans le crapaud, mais qu’importe!
Tenez, moi qui vous parle par exemple, je reviens d’Irlande.
J’en profite pour faire une petite parenthèse. Vous savez que ça m’aurait fait plaisir qu’on parle de vous pour changer? Parce qu’on ne peut pas dire que vous soyez très causant. Très franchement, je trouve que ce n’est pas évident d’avoir une conversation avec vous. Inutile de protester! Avouez que vous n’y mettez pas vraiment du vôtre! D’ailleurs, puisqu’on en parle, je trouve que vous ne vous investissez pas vraiment dans notre relation. Je ne sens pas de véritable échange entre nous. D’un autre côté, je peux comprendre, ma vie est tellement passionnante, mais tout de même… Vous pourriez faire un effort! 
Mais revenons à nos moutons. 
Dites, vous avez compris le jeu de mots? Nos moutons? Non, c’est parce que je reviens d’Irlande… Et en Irlande… des moutons… il y en a tout plein! 
Ha! Ha! Vous noterez que je n’ai rien perdu de ma légendaire faconde! Je suis en pleine forme moi! C’est la Guinness ça.
C’est qu’en Irlande, on ne joue pas trop à la pétanque voyez-vous. C’est peut-être parce qu’il n’y a pas de platanes? Par contre, vous trouverez des moutons partout, des cailloux, des choux, quelques hiboux et aussi un ou deux chevaux ici et là, mais ce que vous trouverez surtout, c’est de la Guinness à tous les coins de pubs!
Pour moi qui ne verse habituellement pas trop dans la cervoise ou autre cercueil, vu que, je (me) cite:   

Ah! Ah!  Je m’sens pas bien
Ah! Ah! L’alcool ça craint
 
in Cuite

Pour moi, disais-je, ce stage intensif de brune n’était pas gagné d’avance. Du coup, je ne suis pas peu fière de dire que je me suis montrée à la hauteur! J’ai peut-être un peu flanché devant la tourte à la Guinness, mais qui n’a pas ses petites faiblesses? Et puis à quoi bon le nier, c’est franchement dégueulasse!
Je prie d’ailleurs mes nouveaux amis irlandais de bien vouloir m’excuser mais pour ce qui est de la bouffe, l’Irlande c’est pas Lucullus! D’un autre côté, il faut bien reconnaître qu’avec une ou deux Guinness les pommes de terre au pain ou les pizzas aux frites ça ne se digère pas si mal après tout!

Je tiens également, une fois n’est pas coutume, à rendre justice à Michel Sardou (si, si!) parce que Les lacs du Connemara, finalement c’est pas si nul! J’ai d’ailleurs claironné comme il faut cet hymne alors que je foulais la terre brûlée au vent des landes de pierres. Cette œuvre me semble en effet décrire fidèlement le paysage et l’ambiance desdits lacs. Pour ce qui est du texte tout du moins. Côté musique par contre, je conseillerais à Michel de prendre quelques leçons en général et  avec les autochtones en particulier…

Les amis, je pourrais vous parler encore longtemps de ce beau pays avec lequel je suis littéralement tombée en amour. De ces merveilleux amis que je m’y suis fait et qui me manquent déjà, de leur humour, de leur générosité… Je pourrais bien sûr vous abreuver d’anecdotes et d’historiettes savoureuses. Mais non. Aucun discours ne pourrait vous décrire ce merveilleux voyage. Quelques photos à la limite… Mais je connais trop le calvaire des soirées diapos pour vous l’infliger! Je note au passage sur mon carnet que c’est peut-être une bonne idée de sujet pour une future chanson. Vos témoignages sont les bienvenus!

Je vous invite simplement, si un jour l’occasion se présentait à vous, à sauter dans le premier avion en partance pour l’Irlande, je suis sûre que comme moi, vous reviendrez conquis, malgré le gris, malgré la pluie…

Après tout, peut-être bien qu’en Irlande, le soleil boit des coups au fond des pubs…

33. Summertime, and the living is easy…

Chers amis, figurez-vous que c’est l’été! Du moins c’est ce que prétendent les journaux féminins, mais peut-on vraiment se fier à ce type de presse, je vous le demande, Fernande? Vous me direz, sur les ondes, Joël Collado, persiste lui aussi à affirmer que l’été est bien arrivé et ce, bien que la météo semble démentir incontestablement cette information! Alors si on ne peut pas  faire confiance à la radio non plus, je pose la question : où va-t-on, Raymond?
Et pourtant, c’est bien l’été.
Revoici donc venu le temps joli des festivals et l’occasion de prendre la route pour découvrir autant de jolies communes (et de spécialités gastronomiques, ça va de soi!).

Petit tour d’horizon. 
A Laroquebrou, déhanchez-vous gaiement au Festival International de Boogie Woogie! Envie de Mojito et de salsa? C’est à Vic Fezensac qu’il faut aller! Au festival Tempo Latino, LE festival de salsa (génial, certes, mais épuisant! Mesdames, si comme moi vous aimez trémousser votre adorable popotin, suivez-mon conseil, oubliez donc de faire les belles et de risquer une entorse, renoncez donc au talons hauts!). A Courzieu, alliez la culture et l’agréable: chansons, théâtre, et fromage au chouette Festival des Fromages de Chèvres de Christian Paccoud (faites-moi confiance, y’a que des copains sur scène!). Si vous tenez absolument à passer par Avignon, bon courage les amis! Commencez par éviter soigneusement les très prometteurs Ma voisine ne suce pas que de la glace ou Faites l’amour avec un Belge et aux 1300 spectacles annoncés dans les remparts, préférez la jolie programmation de Villeneuve en scène! C’est juste en face, il fait plus frais, il y a de la place aux terrasses des cafés, c’est plus intime, et beaucoup plus calme! Profitez-en pour visiter, c’est ravissant! Et puisque vous êtes dans le coin, ne manquez pas de passer par Barjac pour (re)découvrir Chansons de paroles ou par l’Ardèche avec son Festival de la Pleine lune, sans oublier le théâtre de plein air avec les Fêtes Nocturnes de Grignan du côté de chez cette bonne vieille marquise, j’ai nommé Madame de Sévigné.

Et puis encore tous ces petits festoches inattendus que vous découvrirez par hasard sur le chemin de vacances! Prenez-le temps de faire un tour!

Pourtant, cette année, vous aurez beau chercher, vous ne verrez annoncée Stef! nulle part: ni du côté de Bessines-sur-Gartempes ni de celui de Naujac-sur-Mer.
C’est désolant, je vous l’accorde mais il est inutile de vous répandre comme vous le faites en sanglots incompressibles, reprenez-vous que diable! Un peu de dignité! Comme vous, je suis un peu triste, forcément, mais au moins je sais me tenir!
Et puis que chacun se rassure: ce n’est que partie remise. Disons sobrement que, telle le soleil, j’aime à me faire désirer cette année et on appréciera au passage la beauté et la modestie de cette métaphore astrale… 
Notez que le bon côté, c’est que ça va me laisser du temps.
Du beau de préférence.
Quoique j’ai l’impression que, côté météo, il ne faudra pas faire trop la difficile cette année, n’en déplaise à ce bon vieux Jojo Collado…  Mais mieux vaut prévoir un maillot de bain tout de même, on ne sait jamais!
Eh! C’est bien beau d’avoir du beau temps, encore faut-il savoir quoi en faire!!! Je ne peux tout de même pas passer l’été simplement à me prélasser au bord de la piscine, en sirotant des cocktails coco-rhum-pastèque et attendre l’heure de l’apéro? Quoique?

Non, non et non! Un peu de discipline! Dis donc Stef! tu t’imagines que tu vas te la couler douce? Laisse moi-te dire une chose, puisque cette année tu ne pousses tes chansonnettes ni en Champagne, ni en Auvergne, ni en Lozère, il ne te reste plus qu’à sortir papier, crayons (et gomme!) pour pondre de nouveaux opus! Allez hop! Au boulot!
Qu’est-ce que tu crois? C’est l’été : pas les vacances!!!